Les plantations dans la vallée de Souk Asni : la végétation, une protection naturelle de la vallée
Entre végétation, agriculture, eau et prévention de l’érosion dans la vallée de Ghighaya
Une vallée où l’homme et la végétation cohabitent
Lors de nos randonnées autour de Souk Asni, dans la vallée de Ghighaya, nous avons observé une relation particulièrement étroite entre les habitants, l’eau, les terres agricoles et la végétation.
Ici, la vallée n’est pas simplement un espace traversé par un oued.
C’est un territoire habité, cultivé et transformé depuis longtemps, dans lequel les populations ont progressivement organisé leurs activités en fonction de la présence de l’eau et des caractéristiques du relief.
Dans ce paysage, les plantes occupent une place essentielle.
Elles ne sont pas uniquement présentes pour produire, nourrir ou embellir les espaces habités. Elles participent également au fonctionnement du territoire.
La végétation peut contribuer à protéger les sols, ralentir le ruissellement et limiter l’érosion.
Mais son rôle doit être compris dans son environnement naturel : chaque plantation doit tenir compte du sol, de la pente, de l’eau et du fonctionnement de l’oued.
1. À Souk Asni, planter signifie aussi protéger le sol
Sur les versants et autour des espaces cultivés, la couverture végétale joue un rôle important dans la protection du sol.
Lorsqu’une pluie intense tombe sur les pentes de l’Atlas, l’eau suit naturellement la pente.
Elle ruisselle sur les versants, rejoint les ravins, les petits chenaux puis finit par atteindre l’oued Ghighaya.
Lorsque le sol est fortement exposé ou peu couvert par la végétation, les particules superficielles peuvent être plus facilement mobilisées par le ruissellement.
À l’inverse, une végétation bien implantée peut contribuer à :
- ralentir une partie du ruissellement ;
- favoriser l’infiltration de l’eau ;
- retenir certaines particules grâce au réseau racinaire ;
- contribuer à la stabilité du sol ;
- limiter la dégradation des versants.
La végétation devient alors bien plus qu’un élément du paysage.
Elle constitue une forme d’infrastructure naturelle.
Dans une vallée de montagne, les plantes peuvent donc participer à la protection du territoire, en complément des pratiques agricoles et des autres moyens de gestion des sols.
2. Les arbres et les plantes accompagnent la vie du douar
Dans les vallées autour de Souk Asni, l’eau est au cœur de nombreuses activités quotidiennes.
Les habitants ont besoin de cette ressource pour boire, irriguer et cultiver.
Cette proximité avec l’eau explique en partie pourquoi l’habitat et les activités agricoles se concentrent dans les fonds de vallée et dans les secteurs où l’accès à la ressource est facilité.
Mais cette organisation crée également une certaine vulnérabilité.
La même vallée qui apporte l’eau peut aussi devenir le chemin de la crue.
C’est pourquoi la végétation ne peut pas être considérée séparément des autres éléments du territoire.
La plantation d’arbres ou d’arbustes, la protection des sols, l’agriculture, la gestion de l’eau et la prévention des crues doivent être envisagées comme des éléments d’un même système.
3. Protéger l’Oued Ghighaya : planter, mais au bon endroit
Les plantations peuvent jouer un rôle intéressant autour des zones agricoles et dans certains secteurs de berges, lorsque les espèces utilisées sont adaptées aux conditions locales.
Le système racinaire peut contribuer au maintien des sols et participer à limiter leur dégradation.
Mais cette approche nécessite une précaution essentielle :
Il ne suffit pas de planter. Il faut savoir où planter.
Un oued possède son propre fonctionnement.
Lors des crues, l’eau peut occuper des espaces beaucoup plus larges que le chenal visible pendant les périodes de faible débit.
Planter ou construire sans tenir compte de ces espaces peut donc créer de nouvelles vulnérabilités.
Il ne s’agit pas de fermer artificiellement les secteurs utilisés naturellement par l’eau.
La végétation doit au contraire être intégrée au fonctionnement de la vallée.
La protection de Ghighaya peut ainsi reposer sur une combinaison de plusieurs approches :
Végétation + entretien des berges + gestion de l’eau + prévention des crues + maîtrise de l’urbanisation
Aucune de ces solutions ne fonctionne complètement isolément.
4. Le rôle de la végétation ne doit pas faire oublier la question de l’eau
Au cours de nos échanges avec les habitants, nous avons également constaté l’importance des puits dans la vie quotidienne.
L’accès relativement facile à l’eau constitue un facteur qui favorise l’installation et les activités agricoles dans la vallée.
Mais une question apparaît naturellement :
Que devient l’eau après son utilisation ?
Cette interrogation nous ramène à un autre aspect du fonctionnement de la vallée : les eaux usées.
Lorsque les eaux usées sont évacuées directement vers les secteurs en pente et finissent par rejoindre l’oued, le problème ne concerne plus uniquement la quantité d’eau disponible.
Il concerne également la qualité de l’eau et la préservation du milieu.
La vallée doit alors être considérée comme un ensemble dans lequel chaque élément est lié aux autres :
Puits → Habitation → Utilisation de l’eau → Eaux usées → Sol → Oued → Aval
L’eau ne s’arrête pas à la limite d’une habitation.
Elle poursuit son chemin.
Ce qui est rejeté en amont peut donc avoir des conséquences plus loin dans la vallée.
5. Une vallée où tout est connecté
L’observation du paysage de Souk Asni montre que plusieurs systèmes se rencontrent dans un même espace :
l’eau, le sol, la végétation, l’agriculture, l’habitat et l’oued.
Modifier l’un de ces éléments peut avoir des conséquences sur les autres.
La végétation protège le sol.
Le sol influence le ruissellement.
Le ruissellement rejoint les ravins et les chenaux.
Les écoulements rejoignent l’oued.
L’oued transporte l’eau vers l’aval.
Cette logique rappelle une chose essentielle :
Une vallée ne peut pas être aménagée élément par élément. Elle doit être comprise comme un système.
C’est particulièrement important dans les territoires de montagne où les pentes, les éc
